Sept joueurs prêts à se dépasser pour la beauté du geste, et la rage de vaincre ? On aurait pu le croire à l’entame de l’échauffement de ce 586e Futebol Tropicana de l’histoire du club amateur bruxelo-mosan. Pour malheureuse qu’elle fût, la défection de dernière minute d’un brave ailier droit n’a pas plombé l’ambiance. On a rapproché un but de dix mètres, joué avec les lignes noires et tenté vainement de convaincre un des deux joueurs de badminton (assis, lessivés, sur le bord du terrain pendant dix minutes) de refaire une “petite partie”.
Colors United : Bruno, Antonio, Arnao.
Los Blancos del barrio alto : Bernardo, Francesco, Fabio, Maximo.
Le match est palpitant, les couleurs marquent rapidement, et mènent même 2-0 après cinq minutes. Retour en force des blancs, qui parviennent à prendre l’avantage par Fabio, très efficace en zone de conclusion (piquets rentrants légèrement plus nombreux que les djobos infligés au gardien). 2-3
Corner pour les couleurs : Arnao fonce vers la gauche, Bernard suit, et Bruno en profite pour passer à Antonio – au centre -, qui conclut d’une pichenette croisée dans le plafond!
En fin de match, Colors United subit un contre cruel : la balle ricochete et semble filer en corner. C’était sans compter sur le jusqu’au-boutisme de Francesco, qui parvient, au terme d’un sprint désespéré, à repiquer la balle dans le but – en un temps s’il vous plait ! Superbe effort. Piquet rentrant.
A noter du côté de United Colors : une caliche de Bruno des quinze mètres – tendue à hauteur de tibias. Du grand art.
Un débordement à la Ronaldo, sur la gauche, de notre plus grand fan de Porto FC, qui se termine par un tir non cadré, mais vaut au moins un ralenti pour le double-passement de jambe.
Une multitudes de sauvetages par Arnao, qui occupe souvent avec bonheur le poste de gardien (quelques très belles relances), sauf quand – après avoir détourné un ballon sur sa ligne - il tourne le dos au tireur et lève les bras à tout hasard ! But évidemment, que n’aurait pas renié Buster Keaton.
Petite frayeur à la fin du match, quand Maximo se tord la cheville. Foulure superficielle, semble-t-il, car le valeureux futur sponsor du Tropicana a pu continuer la partie (à propos du sponsoring : une intervention de dernière minute du ‘top chef’ du Parc Astrid – rien à voir avec les nouvelles tribunes – pourrait néanmoins faire capoter l’affaire, notamment en raison d’un découvert de 8 euros dans la caisse du club). Espérons que ce premier diagnostic encourageant se confirme au réveil.
Score final : 13-14 pour Los Blancos. Le match n’a jamais faibli. Le score est resté serré. Et les joueurs se sont congratulés en fin de partie.
S’ensuivirent des discussions animées concernant le contrat de sponsoring du siècle, et un (im)probable match de gala contre les Boston Celtics, qui, comme chacun sait, jouent comme des clinches dès qu’il s’agit de toucher le ballon du pied. La banderole “Ballaõ? What the f^*$ is a ballaõ?” a d’ailleurs été déroulée lors du dernier match contre les Orlando Magic. Commentaire de Carlos : comme je n’ai pas BeTv, je n’ai rien vu, mais je vous crois sur parole. Affaire à suivre sur Wikileaks, you can be sure about that.
Enfin, comme dirait le brigadier Hazewé : “Semaine prochaine, mercredi 21 h, et gare aux resquilleurs !”
jeudi 10 février 2011
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