Une des rivalités les plus intenses dans le monde du football, un des derby les plus passionnés entre les 2 plus grand clubs de l’histoire du football Serbe et Yougoslave, un des derby les plus « dangereux » aussi, le « Veciti Derbi » (Derby eternel) Etoile Rouge vs Partizan……
L’Etoile Rouge qui bien entendu est arrivée sur votre ecran, et dans l’esprit des non passionnés de foot « alternatif » en 1991, avec la victoire aux penalties face a l’OM a Bari (avec le penalty decisif tiré par mon idole de toujours, le macédonien Darko Pancev), s’en est suivi la victoire en coupe intercontinentale face a Colo Colo (3=0) a Tokyo, tjs celebre par le chant de la Delije, le noyau dur de l’ER dont le nom se traduit modestement par « Heros »
Le Stade ? Le Markana, nom officieux , le stade « Etoile Rouge Officiellement, ce nom affectueux de Marakana etant donne au stade car lors de sa construction en 1963, ce stade pouvait acceuillir 110.000 personnes (reduit a 55.000 ajdh pour des raisons de sécurité) et rappelait bien entendu le Maracana de Rio.
L’histoire recente de l’Etoile Rouge est bien entendu associée a un homme : Arkan. Une espece de petite frappe locale (né en Slovénie de parents Serbes) passé par les maisons de redressement pour jeunes delinquants avant d’emigrer illegalement en Europe Occidentale a l’age de 20 ans et d’etre arrete et convaincu pouer attaque a main armee, violences etc dans pas moins de 7 pays ( !!!!) dont la Belgique dont il s’est echappé en 1977 apres 3 ans de detention.
Arkan retourne en Serbie en 1981 et devient vite un des leaders de la Delije, le noyau dur de l’Etoile Rouge……la guerre eclate (avec comme pt de départ svt reconnu les affrontements entre Delije et Bad Blue Boys lors d’un Dinamo Zagreb vs ER a Zagreb, 50 jours apres des velleites d’independance prononcées au parlement croate) et Arkan fonde sa « Serb Volunteer Guard » qui sera plus connue sous le nom de « Arkan’s tigers » avec comme mission de defendre les serbes dans l’ex yougoslavie, ce groupe paramilitaire, dont la majorité des recrues sont issues des tribunes de l’Etoile Rouge, se ferra connaitre pour de nombreuses cruautés vis=a=vis de la population locale en Krajina et Slavonie orientale……la rumeur veut que le simple bruit de l’arrivée imminente des tigres d’Arkan dans une région suffisait a faire fuir des villages entiers….
Apres la guerre et dans l’elan de la criminalisation generale de l’etat Serbe (phenomene recurrent dans les années post communiste dans nombreux pays de l’Europe de l’Est), Arkan est devenu qqn d’important avec les connections appropriées….Il fonde le Parti de l’Unité Serbe (nom bien racoleur dans ces années de reve de la grande Serbie), s’essaye en politique sans grand succés et decide de reprendre l’ER…malheureusement, sans succés, il se tourne alors vers un club obscure de 2eme division Serbe, Obilic (du nom du heros medieval serbe, Milos Obilic, le pere de Cvijan
Bien aide en cela, bien entendu, par les menaces de mort proferees a l’egard des joueurs adverses s’il marque contre Obilic (un joueur admettra meme avoir été enferme dans un garage la veille du match contre Obilic) et par le fait que les tribunes était peuplees de ses « tigres » qui ont meme été jusqu'à sortir des flingues en plein match pour menacer les joueurs adverses…..et lorsque l’UEFA, en raison des liens d’Oblic avec le crime organisé , a considéré les exclure de toutes competitions europeennes, Arkan a laisse la presidence a sa femme, Ceca, une chanteuse de turbofolk (genre de la region, absolument inecoutable) tres connue en Yougoslavie….
Arkan sera finalement assassiné en 2000 pour des raisons qui reste obscure, Ceca est tjs presidente d’Obilic qui languit maintenant en 4eme division.
Mais pour en revenir au sujet.
Dire que j’ai vecu ce match pdt 24 heures ne trahit pas la realité……lorsque vers 2 heures du mat, la veille, installé dans mon (seul occupant) dortoir de l'hotel, j’entends frapper a la porte….premiere reaction « Eh, merde, y a un con qui arrive », j’ouvre la porte et le resultat, l’image d’horreur devant moi, ne laisse aucun doute….9 gars viennent occuper le dortoir, sans qu’ils aient ouvert la bouche, j’avais déjà compris la raison de leur visite a Belgrade…..
Et en effet, ils ne se sont pas cachés longtemps……a peine dans la chambre, ca commence, les sauts, les chants, les joints, les bieres, avec comme point culminant des fumis craqués à la fenetre de l’hotel
Grobari veut dire « Undertaker », croque mort et c’est le nom donné par les supporters de l’ER au Partizan en raison de leur couleur noire…..les cons l’ont aimé et adopté.
Bon, le cirque, c’est marrant une heure puis je change de chambre…le lendemain matin, vers 9H30, je me dis pas de problemes « Ils dorment »….ah ouais, c’est tjs le meme bordel, le hall de l’hotel est digne du Kosovo et dans la salle de douche, j’en vois un perché sur les epaules d’un autre en train de filmer son petit camarde dans la douche. Le Partizan, c’est vraiment des tapettes.
Sorti de l’hotel pour dejeuner, j’apercois déjà pres de la gare qqes groupes d’un dizaine de gars qui « cherchent »…..a 10h du mat alors que le match est a 16H15 !!! Avec la particularité, confirmée par apres, que personne n’affiche ses couleurs, la plupart ont leur echarpe dans leur veste et ne la sortiront qu’une fois au stade……et au vu de ce que j’ai vu, c’est en effet preferable
A noter qu’a chaque carrefour en ville, il y a déjà une dizaine de flics en faction, boucliers au poing.
Finalement, j’arrive au stade 2h30 avant le kickoff, déjà des milliers de supporters hors du stade, la Delije essentiellement et a voir les gars et l’atmosphere generale, je vous assure que ca donne pas envie de faire le malin…..Une fois le ticket acquis, c’est le tour des photos.
A noter que le stade du Partizan est a moins d’un km du Marakana, les supporters du Partizan se retrouvent la=bas avant leur transfert sous lourde escorte policiere (actuellement occupée a barrer la route reliant les 2 stades
La Delije est en tous cas une force impressionante, meme si evidemment pour ce genre de groupe ultra mediatise, il y a maintenant un aspect commercial assez derangeant avec un shop « Delije » a cote du magazin officiel de l’ER dans le stade….
30 minutes avant le coup d’envoi, tout le monde est en place, 35=40.000 personnes dans le stade, le bloc de la Delije est rempli, plus ou moins 12000 personnes …la tribune sud reservee au Partizan est egalement remplie, 9000 gars plus ou moins……dans ces 2 blocs, une moitie de malades, 99 pct qui chantent, qui sautent, qui applaudissent, bref, ca donne une ambiance juste de folie, d’une puissance extreme (pour moi, la reference restait l’Argentine, la, c’est battu)…..ce qui saute aux yeux egalement, c’est l’organisation, tout le monde chante la meme chose au meme moment, frappe dans les mains au meme moment, ca donne juste l’impression d’une marée humaine.
Avant même le debut du match, le Partizan commence a arracher les sieges de sa tribune et les jetter sur la piste, sieges aussitôt ramasses par les stewards qui resignés, les amassent en un joli petit tas derriere eux qui a la fin du match ressemblera plus a un terril (Liege is everywhere
5 minutes avant le kickoff, la Delije deploit son drapeau, au moins 50 metres de diametre, ca prend du tps….les equipes montent sur le terrain, silence de mort cote ER pdt que le Partizan fait son tifo…..hallucinant, papeliots partout, fumis en quantite, petards par centaine (tout cela est bien entendu interdit
A peine fini, c’est le tour de l’ER, le stade se drape de rouge et blanc, les fumis sont craqués et la puissance vocale de la Delije est en action…..
Franchement, tout ca donne la chair de poule, tellement c’est fort.
Le match ? Niveau bcp plus eleve qu’en Bosnie avec un Partizan jouant un foot bcp plus moderne que l’ER avec notamment un Moreira dictant le jeu au milieu, un Mladen Krastjic imperial derriere (revenu au bercail apres ses experiences reussies au Werder et a Schalke) et le Bresilien Cleo, un sosie de Crespo, dominant l’attaque.
Apres 4 minutes, c’est 0=1, sur un but du senegalais Diarra, ancien du FK Zrinjski dont je vous ai parlé dans un precedent episode.
L’ER connait alors 25 tres bonnes minutes et egalise meritoirement sur un auto but de Knezevic, bien presse par l’avant centre local, Lekic, a la reception d’un centre.
Apres 10 minutes en seconde periode, exclusion du meme Knezevic…..et 5 minutes plus tard, le but de la victoire en contre attaque pour le Partizan, superbe passe de Moreira vers Cleo qui fixe son defenseur avant de brosser la ballon dans le coin et ce juste en face du bloc du Partizan.
L’ER courra apres le score avec de belles opportunités d’y revenir mais toutes gachées notamment par le brésilien Kadu, monté au jeu, et Bogdanovic…..
A 20 minutes de la fin, Grobari commence a mettre le feu au stade (et c’est pas une metaphore
Le plus halluciant est que le match reprend alors que rien n’a change a la situation qui perdurera jusqu'à la fin du match…..je serais curieux de voir la gueule de la tribune visiteurs le lendemain.
A la fin du match, cordon de flics absolument trop imposant (style légion romaine
Un truc qu’il faudra expliquer aux policiers serbes, c’est que tout cela est tres bien mais si c’est pour laisser passer les gens bloques, 2 minutes chronos apres le passage des derniers supporters du Partizan, ca sert pas a gd chose
Ce qui n’aura pas empeche de niombreux incidents et qu’a 23h, je voyais tjs des arrestations pres de la gare centrale de Belgrade. Quand je vous disais que c’était 24h de match…….et pdt 24h, Belgrade a veritablement été en etat de siege.
Une experience unique, vraiment. A recommander pour les amateurs de sensations fortes.


2 commentaires:
Article passionant. Oli, tu devrais écrire un livre sur les stades/anecdotes du foot en Europe, ce serait un best seller.
En parlant de l'est, qui savait que l’entraîneur néerlandais Mark Wotte, 49 ans, qui était sans club depuis son licenciement à Southampton en juillet dernier, poursuivra sa carrière de globe trotter à Universitatea Craiova, actuellement 14-ème sur 18 du championnat de Roumanie, où il a signé un contrat de 18 mois jeudi. Les quatre derniers du championnat de Roumanie feront la culbute en D2. « Je suis là pour assurer le maintien, mais aussi pour amener l’équipe au niveau des meilleures la saison prochaine », a confié Marc Wotte au Telegraaf. « J’ai pratiquement les pleins pouvoirs en matière sportive... » Le Néerlandais a notamment entraîné ADO La Haye, Utrecht, Roda, RKC Waalwijk, Ismaelia et Southampton. Il a également été directeur-technique de Feyenoord.
J'ai volontairement glissé une petite erreur dans l'info ci-dessus. Chiche qu'Oli la trouve ;-)
Bruno
La, j'avoue que je donne ma langue au chat....c'est bien 4 clubs qui descendent, l'Universitatea est bien 14eme...????????????
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